Le texte suivant est une ébauche.

La version finale sera, je l'espère, moins aride et sûrement plus imagée.


Je pris l'habitude d'intégrer des séquences d'effets spéciaux dans mes films. Le fait est reconnu, je crois. Par contre, on n'imagine pas les risques que cela comporte compte tenu du budget alloué à un film tourné en français au Québec. En vérité, on n'en a tout simplement pas les moyens. À chaque fois, je sais que je n'ai aucune marge de manoeuvre, aucune avenue de secours en cas de problème.

Dans le cas de La Vengeance, j'ai écris une séquence très élaborée, la plus complexe que j'eusse jamais tenté de réaliser. Cette fois, j'ai poussé à son maximun les limites du possible. Je crois que nous avons réussi... non sans avoir frisé la catastrophe puisque de gros problèmes nous attendaient en cours du tournage.

Pour faire une histoire courte, nous avions prévu de tourner une bonne partie de la séquence d'action finale par des trucages mécaniques sur le plateau. Des semaines de planification et de tests sur une version réduite de notre installation semblaient démontrer que c'était possible. Mais quand est venu le jour du tournage, le système pleine grandeur a lamentablement failli. Quatre jours étaient prévus pour tourner une séquence de cinq minutes. Après une journée de tournage, nous avions exactement une journée de retard! Ce qui était prévu le second jour, se révélait techniquement impossible. La séquence clé sur laquelle nous avions misé beaucoup d'efforts et d'argent, la séquence qui selon nous devait constituer le paroxisme du film était sérieusement compromise au tout début du tournage. De plus le ciel s'est mis de la partie en nous tirant dans les jambes soit une journée alternant soleil et nuages ou une alerte mété de pluie diluvienne! Disons-le, c'était le "burn" total.

Heureusement, nous avons gardé la tête froide. Par chance le producteur de La Vengeance, Franco Battista, ne panique jamais et sait toujours aborder positivement les pires catastrophes d'un tournage. J'ai donc restructuré la séquence, modifié le découpage, réorganisé le plan de travail, pendant que Franco cherchait comment mettre de côté ce qu'il allait en couter pour compléter la séquence par des effets numériques réalisé en post-production. Aujourd'hui encore, je me demande comment on a pu si vite "retourner".

Le téléphone portable en main, je discutais le coup avec Franco entre chaque prise du tournage des gros plans des personnages en vol. J'étais alors sur le toît du camion des machinistes où était aménagé un système pour tourner les gros plans des personnages en vol, et devais avoir l'air du baby boomer le ppl pour récupérer le temps perdu, une deuxième équipe tournait la panique des policilus accroché à un "cellulaire" qui se puisse imaginer. Pendant ce temps, une seconde équipe de tournage s'occupait de tourner les réactions des policiers au sol. À chaque fois que je pouvais, je descendais du camion, sautais dans une voiture pour aller voir comment ils se débrouillaient. À la perfection, dois-je dire. Comme tout réalisateur, j'aime me sentir indispensable. Pour une fois, cela ne m'a pas manqué qu'on puisse se passer de moi!

Pour "faire une histoire courte", ais-je dit? Bien, oui. Ce qui précède n'est rien. En plus, c'est une version vraiment très condensée de la somme de problèmes qui nous sont tombés dessus. C'est la suite qui fut vraiment très longue! Une fois les plans nécessaires en extérieur tournés, il restait 70 plans d'effets spéciaux à créer. Cela a demandé deux jours supplémentaires de tournage en studio avec la technique du "Blue screen"... et dix mois de travail sur ordinateur assaissonnées d'un nombre incalculables de "sorties numériques" avant que ces cinq minutes soient enfin complétées.

En bout de ligne, j'estime que 10 % du budget et 50% de mes énergies y sont passées.

- De magiciens de l'ordinateur qui ne connaissent pas toujours la technique du film 35mm. = exemple de l'espace bande optique.

- Somme toute, je suis très fier de la séquence obtenue... mais je me promets de ne plus tenter le diable la prochaine fois. Ou en tout cas, de prendre moins de risques... à moins, bien sûr, qu'on ne m'accorde un budjet plus gros, auquel cas je considerais sérieusement une récidive.

D'ailleurs, parlant de retomber dans mes péchés, j'ai justement un superbe projet inspiré de... Pardon? Vous n'êtes pas producteur? Ah! Bon. Dans ce cas, je vous en parlerai une autre fois.