Elle renifle autour d'elle puis se penche sur l'un de ces sacs vert disséminés le long de la rue. Des sacs couleur algues marines, mais fabriqués d'une substance qui mystifie Anne. Par contre, son odorat lui confirme que l'odeur de pourriture vient des sacs de plastique.
Anne Dieu-le-veut
Capitaine. Euh! L'odeur! Elle vient de ces... de ça!

De la main, elle pointe le sac vert mais, c'est peine perdue. Le Capitaine continue son chemin remontant le fil ténu d'une odeur marine.

À un coin de rue, Monbars s'arrête tout sec: devant lui passe un camion roulant à petite vitesse. Debout à l'arrière de ce camoin démodé, portant sur les côtés l'inscription « Voirie Municipale de Sainte-Lucie-de-Bagot »,

 
deux employés municipaux répandent du sel sur la chaussée à coups de pelles. Machinalement, les employés projettent le sel d'un côté et de l'autre avec des gestes de moissonneurs. Rebondissant sur la glace, une pelletée de sel vient recouvrir les bottes d'un Monbars incrédule. Anne ne peut s'empêcher de rire en constatant qu'un peu de ridicule vient couvrir son sévère Capitaine.

Un rire aussitôt étranglé. Prudence! Monbars n'apprécierait pas qu'on se moque de lui. Heureusement, il a l'esprit ailleurs. Il recommence à humer l'air, puis, s'élance sur une nouvelle piste.

Anne soupire. C'est reparti, pense-t-elle, en soulevant le coffre.