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L'émission radio s'est terminée. Immédiatement, un grand nombre de gens entourent Laurent pour qu'il autographie leur copie de Matusalem. Ce sont surtout des enfants, bien que quelques adultes soient parmi eux. Des professeurs sans doute, et quelques admirateurs. Laurent s'exécute avec plaisir, apposant les signatures en série sans lever les yeux. Une main ornée de bagues imposantes lui tend un exemplaire de Matusalem ouvert à la page 204 où se trouve reproduit le seul portrait connu du pirate Monbars. Sans y prêter attention, Laurent appose sa signature au-dessus de l'image.
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L'étranger (flagorneur)
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Merci, mon garçon. Ta plume est éloquente et mérite éloges.
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Laurent s'immobilise. Cette voix profonde et insidieusement flatteuse lui donne des frissons. Médusé, désorienté par une désagréable sensation de déjà-entendu, il fixe sa propre signature au-dessus de l'image du pirate Monbars, sans oser en détacher les yeux. L'inconnu recule, emportant l'exemplaire autographié à la page 204. Laurent se décide alors à lever la tête. Déjà, le cercle d'admirateurs se referme autour de lui, l'empêchant de bien voir le mystérieux homme qui, les lèvres retroussées d'un sinistre sourire, le regarde de haut en s'éloignant.
Presque immédiatement, la foule d'admirateurs masque complètement l'inconnu. Laurent met un temps à reprendre ses esprits. Pressé de toutes parts de gens impatients armés de livres ou de calepins d'autographes, il revient à sa séance de signatures. Mais son enthousiasme, sa bonne humeur en ont pris un coup. Laurent est inquiet, peut-être même a-t-il peur. |
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