Eux aussi s'arrêtent brusquement, estomaqués à la vue du trésor et tout aussi surpris de retrouver Monbars qu'ils pensaient occupé à rôtir en enfer, alors que le voilà jubilant devant une montange d'or.

Monbars
Quelle joie! Toi auprès de moi, Évelyne, je gagne mon pari. Ma bonne action est faite. Et me voici libre de te faire payer de m'avoir abandonné, El Diablo.

Clame Monbars, se sentant maintenant en droit de tirer l'épée et de se venger lui-même. Un duel s'engage aussitôt. Monbars devant El Diablo. Philippe de Beauchêne et Évelyne chacun devant un flibustier. Le Père Lachaise se retrouve seul pour affronter les quatre jeunes armés d'épées ramassées parmi les squelettes. Ce qui n'empêche le Père de mener la vie dure aux

 

jeunes car, de tous, il est le plus sérieux sabreur. Pas question de partager cette fortune, pensent les flibustiers, prêts à en découdre jusqu'à la mort. Le bruit des armes est multiplié par l'écho des falaises.

Avant que l'affrontement ne fasse une première victime, le voici interrompu par un rire terrible qui ébranle les lieux. Un rire dément, sardonique, affreux. Un rire provenant du trésor lui-même.

L'échauffourée cesse aussitôt. Tous se tournent vers cet or qui se moque d'eux. Qu'est-ce que cela? De la magie? L'écho d'un fantôme? Apportant la réponse à ces questions, un être bizarre apparait entre les idoles d'or massif. C'est un vieux soldat hirsute. L'Espagnol, recouvert d'une armure rouillée et cabossée, s'amuse follement du combat mortel en cours. Il trépigne. Il court d'une idole à l'autre, comme un singe en cage.