Les grands thèmes de La Forteresse suspendue ne sont pas étrangers à ceux de La Guerre des tuques : guerre et paix, amitié et amour, solidarité et respect. L'humour est aussi au rendez-vous. La candeur des enfants, leurs réparties et leur ingéniosité de «guerriers» procurent de bons moments. Les jeunes acteurs campent d'ailleurs leurs personnages avec talent, certains même avec une désarmante bonhomie.

Avec La Forteresse suspendue, on n'a pas lésiné par ailleurs sur le plan des accessoires, des costumes et des décors, dont la forteresse elle-même. Des enfants pourraient difficilement eux-mêmes construire des installations comme celles dans le film; mais bon, il est permis d'idéaliser et de rêver. L'action se déroule surtout en forêt. Ce qui ajoute du mystère à l'aventure et ce qui permete de plus de présenter de belles images d'ombre, de lumière et de brouillard.

Tous ces éléments font de La Forteresse suspendue un film spectaculaire qui captivera et émerveillera les jeunes, et sans doute aussi leurs parents qui ont connu La Guerre des tuques. À travers leur jeu guerrier, qui s'emballe, qui fait fi des lois de guerre que les jeunes belligérants ont eux-mêmes fixées, les enfants prennent finalement conscience des dangers de leur jeu et de l'absurdité de la guerre.
Le Journal de Montréal,
Paul Villeneuve.