|
| |
Roger Cantin est un cinéaste attachant, qui croit, presque avec ferveur, en la «magie du cinéma» (au sens de Méliès).On a beau être gavé d'effets spéciaux, ceux de Cantin, qu'ils soient élaborés ou simples, provoquent l'enchantement. L'exubérance de ce réalisateur peut parfois devenir excessive, mais dans La forteresse suspendue,il fait preuve qu'il a le sens de la mesure... Cette Forteressse se regarde sans ennui grâce à sa fantaisie, à son récit mené avec énergie et à ses personnages sympathiques, tout en s'affichant sans complexe comme une oeuvre antimilitariste, pacifiste et écologique. Une partie de la critique en a dénoncé la soi-disant rectitude politique et la prétendue lourdeur, alors qu'il ne s'agit que d'une oeuvre à la fois engagée et candide, disant les choses sérieuses sur un ton joyeux.
La Guerre des Tuques et la Forteresse suspendue sont deux films de guerre mettant en scène des enfants et destinés à un public d'enfants. Dans l'un et l'autre, deux bandes rivales réalisent l'horreur des conflits armés en jouant à la guerre. Mais entre le premier, lancé en 1984, et le second, une épouvantable guerre est apparue dans les Balkans, et celle-là semble avoir marqué Cantin: dans La Forteresse suspendue le message pacifiste est plus insistant. On y retrouve des références à la vraie guerre (images diffusées à la télé) et le générique de fin montre d'émouvants dessins d'enfants de l'ex-Yougoslavie représentant l'horreur qu'ils ont vécue. Rectitude politique et lourdeur que tout cela ? Comme divertissement estival, ce nouveau Conte pour tous... surpasse bien des comédies.
24 IMAGES, automne 2001,
Marco de Blois.
|
|
|
|