Arawaks et Caraïbes

Deux groupes occupent principalement les Antilles avant l'arrivée des Européens. Ce sont les pacifiques Arawaks et les féroces Caraïbes.

Les Caraïbes viennent d'Amérique du Sud. Ils s'implantent dans la plupart des Petites Antilles, sur les côtes de Colombie, du Vénézuela et des Guyanes, de Carthagène à l'île de Cayenne. Ils sont cannibales et lançent des raids contre les Arawaks, indiens pacifiques peuplant les grandes îles, Hispaniola, Porto-Rico, Cuba. Comme on l'apprend à la lecture du «Manuscrit de l'anomyme de Carpentras» qui a passé 11 mois chez les Caraïbes après un naufrage, le cannibalisme est un rituel religieux et presque toujours les Arawaks font les frais du repas! Les Caraïbes ne sont pas des naïfs. Ils acceuillent très mal les Espagnols les voyant venir avec leurs mines de profiteurs. Par contre, ils commercent facilement avec les autres Européens. Peut-être parce qu'ils comprennent que ce sont des ennemis des Espagnols? Souvent ils seront des alliés des flibustiers. Parfois, ils aideront les espagnols. Et puis, ils vont manger l'Olonnais. Sympathiques, mais quelquefois dangereux ces Caraïbes.

De leur côté, les Arawaks acceuillent les bras ouverts les conquérants Espagnols. Avec pour résultat qu'ils sont réduits en esclages et décimés en quelques années. Dès l'arrivée du découvreur Cristophe Colomb, c'est clair que les espagnols cherchent avant tout de l'or. Par exemple, après le naufrage de la Santa-Maria, Colomb se réjouit que les chefs des Indiens venus à son secours portent des couronnes de feuilles d'or. «Notre seigneur à voulu que la nef s'échouât ici, parce que c'est le meilleur endroit de l'île pour fonder un établissement et le plus près des mines d'or».

Dès son arrivée aussi, le sort réservé aux Arawaks est clair. Colomb écrit dans son journal qu'ils sont pacifiques et donc propres «à être commandés et à ce qu'on les fasse travailler, semer et mener tous autres travaux qui seraient nécessaires, à ce qu'on leur fasse bâtir des villes, à ce qu'on leur enseigne à aller vêtus et à prendre nos coutumes».

Dès le début aussi, la manière préconisée par les espagnols pour «enseigner» aux Indiens est des plus brutale, meurtrière et inhumaine. Par exemple, Roldan, un des compagnons de Colomb révolté contre son chef, organise des concours pour savoir qui couperait le plus vite les têtes de prisonniers indiens avec son épée. Par la suite, on organise des chasse à l'homme avec des meutes de chiens, des «dogues» aussi carnassiers que les Pitt-bull. Les indiens sont déchirés en morceaux ou vont mourir dans le travail des mines. Là, on les faisait travailler sans arrêt. On ne leur donnait à manger qu'une fois tous les trois jours! Par désespoir, les indiens se suicidaient. Ils ont bien tenté de se révolter aussi.

Les gens qui vont aujourd'hui en touristes à Cuba aiment bien la bière, la cerveza. En buvant une «Hatuey», soit la marque montrant une tête d'indien sur l'étiquette, ils ne se doutent pas que «Hatuey» est un des derniers chefs Indiens de Cuba. Il est mort brulé vif par les espagnols. Avant de mettre le feu au bucher, un prêtre lui demande de se convertir «afin de pouvoir aller au paradis». Hatuey refuse, disant que si les espagnols y sont aussi il sera mieux en enfer.

En moins de vingt ans, c'est l'asservissement et l'extinction complète des Indiens des Antilles. Imaginez au moment de sa découverte par Colomb, en 1492, l'île d'Hispaniola, (aujourd'hui St-Domingue et Haïti), compte sans doute plus de trois millions d'habitants. En 1508, on n'en reste pas plus de 60,000. Oexmelin raconte qu'à son époque, vers 1670, on ne voit plus guère d'Indiens mais que les flibustiers trouvent des montagnes d'ossements, là où ils se sont laissés mourir.

Trois millions pour une seule île. C'est surtout l'oeuvre du gouverneur Ovando à Hispaniola, mais à Cuba Velasquez fait la même chose, à Porto-Rico c'est le travail de Ponce Leon. Au total un génocide comparable à l'Holocauste contre les Juifs de la seconde guerre mondiale. Un génocide plus complet aussi: aujourd'hui, il ne reste plus du tout d'Indiens dans les Grandes Antilles.

Cela donne du poids à l'histoire de Monbars qui, révolté par ce massacre, devient flibustier pour venger les Indiens.