Fiche biographique
PIERRE LE PICARD, actif de 1688 à 169?
Jean Nau, dit l'Olonnais Nation d'origine ???, Acadien ??.
Repaire favori La Tortue et Port-Royal, (Jamaïque)
Coup d'éclat Audacieux et fougueux au combat, il mène des assauts difficile et réussit des retraites difficiles comme cette fois où il fait traverser l'isthme de Panama à ses 260 flibustiers pourchassé par une force 1000 espagnols.
Mauvaise habitude Chicanier, il ne parvient pas à s'entendre longtemps avec d'autres Capitaines, surtout s'ils sont anglais.
Fin de carrière Semble prendre sa retraite en Acadie.

Le Picard, illustration de Lucie Fournier

PIERRE LE PICARD, dit Capitaine PICARD.

On ne sait rien de Le Picard avant 1668, quand il s'associe à l'Olonnais pour écumer les côtes de Cuba. L'objectif suivant est au Nicaragua, mais le navire de l'Olonnais manoeuvre mal et les flibustiers remontent plutôt la côte du Honduras. Ils s'emparent de Puerto Cabellos, puis de San Pedro Sula loin à l'intérieur des terres. Ces villes ne rapportent pas beaucoup de richesses. Quelques prisonniers «gentiment» questionnés remontent le moral des flibustiers en affirmant qu'un riche galion arrivera sous peu du côté de Belize. Picard et l'Olonnais s'embusquent... ils attendent trois mois avant qu'enfin le galion se pointe à l'horizon. L'Olonnais mène l'assaut. Une autre déception: le galion ne contient pas de butin de valeur. (L'illustration ci-jointe est purement imaginaire. On ne possède aucune description physique de Le Picard. Mais on illustre bien des dinosaures que personne n'a vu depuis 65 millions d'années, alors pourquoi pas réinterpréter un pirate?)


Picard est très déçu que son association avec le célèbre l'Olonnais n'apporte que de la malchance. Il se sépare de lui... et de la malchance qui ne va plus quitter l'Olonnais... La chance, elle, ne va pas non plus sourire à Picard. Il débarque au Panama dans la province de Veragua où se trouvent des mines d'or. Il ne récolte que quelques livres d'or. Quand il veut traverser l'isthme pour attaquer Natá, sur la côte du Pacifique, les espagnols se sont assemblés en grand nombre et les flibustiers sont obligés de reprendre la mer.

Pendant les quinze années qui suivent, Picard opère sur mer, probablement à bord d'un brigantin. Il mène une carrière sans histoire, pillant on ne sait combien de navires, assassinant on ne sait combien de gens. L'idée de saccager les côtes du Pacifique, jusqu'à ce jour inaccessible aux flibustiers, lui revient quand il s'associe aux capitaines Rose et Desmarais. Avec 264 flibustiers, ils traversent l'isthme de Panama. À Isla del Rey, ils rejoignent les capitaines Grogniet, Davis, Swan, Knight et Townley qui ont eu la même idée.

Pendant des mois, cette petite armée de flibustiers va semer la terreur sur la côte du Pacifique. Il ne réussiront pas de grand coup, à l'exception de la prise de Granada, au Nicaragua. Une des raisons des demi-succès des flibustiers tient à ce que leurs forces sont souvent divisées par une discorde tenace entre anglais et français. Il y a aussi une flotte espagnole puissamment armée qui s'attaque à eux. Le combat naval se conclut sur un match nul. Mais il a pour conséquence que les flibustiers décident de se séparer en petits groupes plus mobiles, agissant par surprise et pouvant s'échapper facilement. Plusieurs villes seront attaquées. Souvent aussi, les espagnols réussissent des embuscades contre les flibustiers.

De cette longue aventure, les flibustiers ne sont pas très heureux. L'ennemi est coriace, les prises très maigres. L'attaque sur Guayaquil par exemple est bien risquée pour ce qu'elle rapporte... du moins quand on a les yeux gourmands d'un flibustier. Mais c'est à Guayaquil que Picard gagne du prestige. À la tête de «50 enfants perdus», nom donné à ceux qui forment la première vague, il dirige l'assaut. Le combat dure huit heures. Grogniet est tué. La bravoure de Picard lui vaut d'être choisi à sa place chef des flibustiers français. Ce qui n'empêche que toute cette épuisante aventure ne rapporte toujours pas beaucoup.

Picard s'empare encore de Tehuantepec, et écume le golfe d'Acapulco, au Mexique, sans plus de résultat. Lassé, il décide de traverser à nouveau l'isthme de Panama par le chemin le plus court. Soit directement à travers les zones les mieux défendues par les espagnols. Ils sont 260 à suivre Picard. Ils réussissent à passer après bien d'autres aventures et sacrifices. De retour à St-Domingue, une dernière mauvaise nouvelle attends Picard. La paix est revenue en Europe. Toute son expédition risque d'être considérée comme un acte de simple piraterie.

Les flibustiers se dispersent. Picard émigre en Acadie, emportant avec lui tout son trésor, qu'on imagine quand même imposant. C'est le fruit de vingt ans de travail acharné! La dernière action connue de Picard est un raid contre les côtes du Rhode Island, en représailles contre une attaque anglaise de Phips sur la Nouvelle-France. Picard ravage quelques villes, se prépare à attaquer Newport. Un de ses anciens confrères flibustiers est envoyé contre lui. C'est un anglais, Thomas Paine. Il y a combat. Picard se retire et on n'entends plus jamais parler de lui.