Fiche biographique
MISSON et CARACCIOLI, 16?? à 17??
Jean Nau, dit l'Olonnais Nation d'origine France et Italie.
Repaire favori Libertalia, sur la côte de Madagascar
Coup d'éclat Fondent une société égalitaire qu'ils financent par leurs activités de piratage. Sont réputés très polis, professant des discours politiques à leurs victimes trop heureuses de se laisser vider les poches à si bon compte.
Mauvaise habitude Ils n'incluent dans leur vision égalitaire ni les femmes, ni les aborigènes. Ce qui va causer leur perte.
Fin de carrière Disparaissent en fuyant Libertalia dévasté dans un typhon.

MISSON et CARACCIOLI.

Natif de Provence et fils de bonne famille, Misson est d'abord mousquetaire du roi avant de devenir marin. Embarqué à bord de la Victoire, il acquiert vite la maîtrise du métier. Pendant une escale près de Rome, il rencontre le père Caraccioli, dominicain aux idées étrangement révolutionnaires; c'est le début d'une solide amitié. Le prêtre renonce à la soutane pour suivre le corsaire et c'est côte à côte qu'ils participent à tous les abordages, jusqu'au jour où un dur combat décime les officiers de la Victoire. Misson prend alors le commandement. Le voici avec Caraccioli à pratiquer une forme étrange de piraterie.

On libère les esclaves, on relâche les prisonniers, on rend dignement les honneurs aux vaincus et l'on professe l'égalité totale de tous, ceci sous les auspices d'un nouveau pavillon blanc frappé de la devise « Pour Dieu et la Liberté ». Cela ne les empêche pas de livrer de sanglants combats et d'amasser rapidement un notable butin. Nantis d'un confortable trésor, ils tentent de mettre en pratique leurs idées de société nouvelle.

Ils s'installent dans la baie de Diego-Suarez, à Madagascar. Avec ses trois navires, quelques centaines de travailleurs anjouannais prêtés par leur reine ainsi que ses équipages cosmopolites, il fonde la République internationale de Libertalia.

Tous les hommes y vivent égaux et en bonne intelligence, blancs comme noirs, protestants comme catholiques. Une langue nouvelle qui préfigure l'espéranto permet à tous de se comprendre. Peu à peu le village se construit. On y construit une maison commune qui abrite un Parlement élu démocratiquement.

Libertalia n'en est pas moins un repaire de forbans qui cherche à s'étendre. Le capitaine Tew, pirate chevronné, se laisse séduire par les arguments de Misson et Caraccioli. Il est nommé amiral en chef de Libertalia. Les navires de Misson partent à la recherchent de nouvelles cargaisons et de recrues. Des femmes sont ramenées de force. On continue cependant d'affranchir les esclaves et de relâcher les prisonniers!

La grande aventure de Misson prend fin tragiquement. Tew a pris la mer dans l'espoir de recruter quelques colons parmi ses anciens compagnons installés plus au sud sur la côte. Alors qu'il vient de débarquer, une tempête se lève et la Victoire disparaît. Simultanément, des tribus malgaches qui entourent Libertalia mènent un raid contre la colonie qui menace leur contrôle de la région. De nuit, la colonie est entièrement détruite et le rêve de Misson réduit à néant. Caraccioli meurt parmi les premiers. Deux navires réussissent à mettre les voiles, emportant quelques braves menés par Misson ainsi qu'une partie du trésor. Ayant rejoint Tew, ils décident de regagner l'Atlantique mais une violente tempête fait chavirer le sloop de Misson sous les yeux du capitaine Tew.

Ainsi se termine l'aventure de Libertalia. Tew gagne les colonies américaines où il vit quelque temps à l'abri du besoin. Puis, il revient dans l'Océan Indien. Il meurt peu après, fauché par un boulet, lors d'un abordage. Misson, Caraccioli et Tew disparus, il ne reste rien de leur utopie sinon une belle histoire de sang et de soif de liberté.

L'existence est connue parce que le journal de Misson aurait été retrouvé par hasard à La Rochelle, au chevet d'un ancien matelot français de Tew qui venait de décéder.

Mais le plus probable est que ni Misson, ni Caraccioli n'ont existés. Ce serait une invention, une manière de condenser le rêve inachevé des flibustiers. Un belle fable imaginée pour rassembler les idées égalitaires des frères de la côte, leur donner un sens et une morale.